Défense du Camp Retranché de Paris

Défense du Camp Retranché de Paris 

              La 92e division d’Infanterie Territoriale                                            

 

Source : H. REVEL Tremblay-lès-Gonesse et le camp retranché de Paris sous la menace allemande. Bulletin de la SEHT, n° 41, année 2017, Album du Centenaire de  la Première Guerre mondiale.

 

 

Entre 1914 et 1918, huit millions d’hommes, âgés de 18 à 45 ans sont mobilisés, soit 20 % de la population. Chaque citoyen doit s’acquitter de ses devoirs militaires, qui lui font obligation de servir, selon son âge, dans trois types de formations. L’armée d’active, composée d’hommes âgés de 21 à 23 ans, c’est-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au-delà ; l’armée de réserve composée d’hommes âgés de 24 à 33 ans, c’est-à-dire nés entre 1881 et 1890 ; l’armée territoriale composée d’hommes âgés de 34 à 39 ans, c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880.

 

Appelée sous les drapeaux en vertu du décret présidentiel de mobilisation générale du 1er août 1914, la 92e division d’infanterie territoriale est composée d’hommes du sud-ouest de la France. Après une vingtaine de jours employés par les gradés à faire connaissance de leurs hommes et à ceux-ci de reprendre l’entraînement à la guerre, elle est transportée par chemin de fer, depuis Bayonne et Bordeaux, au nord-est de Paris où elle va être employée à la mise en place de l’organisation défensive du Camp retranché de Paris (CRP). Le 29 août 1914, le général Charpentier du Moriez en prend le commandement. Le PC de la division est installé dans la mairie de Tremblay-lès-Gonesse. À cette date, les Allemands se rapprochent et l’on redoute une attaque qui viserait directement la capitale.

Placée sous les ordres du général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, la division restera déployée à la lisière nord-est du CRP, jusqu’à ce que la contre-offensive de la bataille de la Marne éloigne la menace allemande.

La division comprend quatre régiments : les 141ème, 142ème, 143ème et 144ème RIT

 

 

 

 

Télégramme du 3 septembre 1914 adressé par le gouverneur militaire de Paris, Commandant supérieur des défenses du Camp retranché de Paris au général commandant le 12e  division d’infanterie territoriale à Tremblay-lès-gonesse.                                                               SHD 323N20, cliché SEHT

 

La 92e Division d'Infanterie Territoriale est employée à la mise en défense de la lisière nord-est du Camp retranché de Paris. Pour la mettre en mesure d'effectuer cette tâche, un dépôt de fils de fel barbelé est organisé p à Tremblay-lès-Gonesse.

 

Le 141e  Régiment d’Infanterie Territoriale

Formé à Bayonne, le 141e RIT y stationne une vingtaine de jours, temps employé à la reprise en main de ces hommes arrachés à la vie civile. L’Historique du régiment, dans un style épique, rend hommage à leur attitude :

 

« On ne saurait trop les aimer, on ne saurait trop les célébrer. Ils sont une page de notre histoire, ils se révèlent comme un chaînon merveilleux de la France à travers les âges, ils resteront comme un enseignement vivant de ce que peut un peuple façonné pour le triomphe du droit et de la liberté ».

 

Le 28 août, le régiment embarque à destination du Camp retranché de Paris. Il arrive et débarque le 29 août à Ivry. Jusqu'au 25 Septembre, il restera en Seine-et-Marne, dans la région de Mitry-Mory, pour creuser des tranchées et assurer la sécurité à l'arrière du front. Tâche ingrate, sans gloire, mais qui avait son utilité. Après la bataille de la Marne, au moyen de longues étapes à pied, il gagne la région de Montdidier où il est employé à l’organisation d’une position défensive.

 

 

Comme tous les régiments de la division, le 141e Régiment d'Infanterie Territoriale est employé à la mise en défense de la lisière nord-est du Camp retranché de Paris.

 

Le 142e  Régiment d’Infanterie Territoriale

Le 2 août 1914, le 142e RIT se mobilise à Bayonne où il est cantonné. Après quelques jours d'exercices et d'entraînement, le régiment, sous le commandement du lieutenant-colonel Farine, quitte Bayonne pour le Camp retranché de Paris. Son effectif, à cette date, est de 38 officiers, 223 sous-officiers, 2.895 caporaux et soldats, 125 chevaux et mulets.

Le 30 août, après un voyage par chemin de fer sans incident, le régiment débarque à Choisy-le-Roi et cantonne le lendemain à Tremblay-lès-Gonesse, où deux de ses bataillons sont en réserve, le troisième est aux avant-postes vers Le Mesnil-Amelot.

Le 3 septembre le régiment est placé sous les ordres du général Maunoury, commandant la VIe armée de Paris.

Du 3 au 30 septembre, le 142e RIT, tenu en réserve, est employé aux travaux du Camp retranché de Paris. Il organise la défense du secteur de Tremblay-lès-Gonesse et effectue quelques reconnaissances, notamment dans la forêt d'Ermenonville, avec des détachements du 10e hussards et du 44e Régiment d'Artillerie. Un de ses bataillons est ensuite chargé de l'assainissement du champ de bataille dans la région de Saint-Soupplets-Penchard.

 

         

 

 

                                     Groupe de fantassins du 142e RIT © SEHT

Le 143e  Régiment d’Infanterie Territoriale

Formé dans la région de Bordeaux, le régiment est enlevé le 28 août par quatre trains à destination du Camp retranché de Paris. Dès son arrivée à la gare Paris-Ivry, le 29 août, il est placé sous les ordres du général Gallieni, gouverneur militaire de Paris et positionné au sud de Paris.

Le 30 août, le régiment quitte ses cantonnements et se dirige vers le nord ; il est placé sous le commandement du général Mercier-Milon, commandant la zone nord du Camp retranché de Paris. En fin de journée, l’état-major et le 1er  bataillon sont en cantonnement à Aulnay-sous-Bois ; le 2e bataillon à Villepinte ; le 3e à Sevran. Le 31 août, le régiment quitte ses cantonnements pour aller à Louvres (état-major, 1er et 3e bataillons), Chennevières et Épiais-lès-Louvres (2e bataillon).

Le 2 septembre, l’état-major et le 1er bataillon quittent Louvres pour Roissy.

Le 1er bataillon cantonne à la ferme des Mortières. Le 3 septembre, les 2e et 3e bataillons rejoignent Roissy. Le régiment est placé sous les ordres du général Maunoury. Du 5 au 10 septembre, le régiment est employé à la mise en état de défense du village de Roissy et de ses abords.

 

Le 144e  Régiment d’Infanterie Territoriale

Le 2 août 1914, le 144e régiment d’infanterie territoriale se mobilise à Tarbes. Affecté à la 184e brigade de la 92e division d’infanterie territoriale, il restera dans cette formation d’août 1914 à juillet 1915. Comme les autres unités de la division, il sera transporté en chemin de fer et participera à l’organisation défensive du Camp retranché de Paris successivement sur Roissy, l’Orme de Morlu, Louvres, Moussy-le-Neuf, Ermenonville, Tremblay-Lès-Gonesse et Dammartin. L’historique du régiment conclut avec humour cette phase de son parcours.

« C’est pendant que l’on se trouvait dans ces régions qu’est arrivée la nouvelle de la victoire de la Marne. Tous les cœurs ont vibré à l’unisson de ceux des camarades vainqueurs et cela d’autant plus fort que le régiment se trouvait précisément devant l’armée de Von Kluck. Et après tout n’est-il pas possible que le 144e ait pu par sa présence peser sur la décision du général allemand ? Il a peut- être su que nous étions là, et nous sommes du Midi. Diou Biban,* pourquoi pas ? »

 

 

 

La ferme de Mortières, cliché Aéroports de Paris, collection SEHT

 

L’historique du 144e régiment d’infanterie territoriale n’ayant pas été numérisé par le service Gallica de la Bibliothèque Nationale, nous remercions Jean-Luc DRON de nous avoir transmis ce document.

 

*Diou Biban béarnais « Dieu vivant ».

 

 

 

Du 3 au 30 septembre, la division, tenue en réserve, est employé aux travaux du Camp retranché de Paris. Elle effectue quelques reconnaissances, notamment dans la forêt d'Ermenonville, avec des détachements du 10e hussards et du 44e régiment d'artillerie. Au cours de l'une de ces reconnaissances, le sous-lieutenant Coutant est blessé (Cf. rapport du chef d'escadron Mainguet.

 

 

 

Rapport du chef d’escadron Mainguet au général commandant la 92e division d’infanterie territoriale

à Tremblay-lès-gonesse. SHD 323N20, cliché SEHT

 

Objet : au sujet d’une blessure reçue par un officier en reconnaissance.

 

J’ai l’honneur de vous rendre compte que Monsieur le sous-lieutenant Coutant, du 7e escadron du 8e régiment de Hussards, a reçu le 2 septembre, une balle qui lui a traversé le mollet gauche et a tué son cheval, dans les circonstances suivantes.

Monsieur le sous-lieutenant Coutant avait été envoyé en reconnaissance avec un brigadier et sept cavaliers dans la direction de Nanteuil. à proximité de Lagny-le-Sec, la reconnaissance aperçoit un groupe de uhlans, en observation en avant du village. Le sous-lieutenant Coutant les charge, les uhlans en se retirant découvrent destirailleurs qui font feu sur la reconnaissance.

Le sous-lieutenant reçoit une balle (etc.)



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