Les nuisances générées par les tirs des écoles à feu du champ de tir de Tremblay-lès-Gonesse

Les nuisances générées par les tirs des écoles à feu

du champ de tir de Tremblay-lès-Gonesse

 

Les délibérations du registre du Conseil municipal de Tremblay-lès-Gonesse attestent de la manière la plus claire la présence d’un champ de tir sur le territoire de la commune. Ainsi, le 3 juin 1915, le Conseil adopte-t-il la proposition faite par le capitaine commandant la 47e batterie du 3e régiment d’artillerie d’installer « par les soins de l’artillerie un brûleur de gadoues et d’ordures ménagères ».

 

La présence du champ de tir engendre un certain nombre de nuisances à Tremblay-lès-Gonesse. La gêne occasionnée est ressentie par les habitants et par les communes voisines, en témoigne une réunion du Conseil municipal en date du 20 août 1917. Celle-ci s’est tenue en présence de MM. les Maires Beuzelin de Roissy-en-France, Boisseau de Chènevières-lès-Louvres, Buffault du Mesnil-Amelot, Boisseau de Mauregard, Le Coursonnois représentant M. le maire de Mitry-Mory.

 

Source : Thiery Godin, Chronique de la vie locale, au cours de la Première Guerre mondiale, d'après les procès-verbaux des séances du Consel Municipal, bulletin de la SEHT n° 41, année 2017, Album du centenaire de la Première Guerre mondiale, Tremblay-en-France.

 

PROCÈS-VERNAL DE LA SÉANCE DU CONSEIL MUNICIPAL DU 20 AOÛT 1917

 

Séance extraordinaire du 20 août 1917

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L’an 1917, le vingt août, à 9 heures et demie le Conseil municipal de Tremblay-lès-Gonesse s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances, sous la présidence de M. Rihouheÿ, Conseiller municipal délégué.

 

Présents : MM. Rihouheÿ, Vaché, Pelletier, Bernier, Lecailler, Tétard.

Absents : MM. Toutain (mobilisé), Bernard, Cousin, Lévêque.

        Secrétaire : M. Pelletier

 

 

Réclamations au sujet des tirs.

 

 

                   Le Conseil municipal,

 

Assisté de MM. les Maires Beuzelin de Roissy-en-France, Bourgeois d’Epiais-lès-Louvres, Boisseau de Chènevières-lès-Louvres, Buffault de Mesnil-Amelot, Boisseau de Mauregard, Le Coursonnois représentant M. le Maire de Mitry-Mory, convoqués à cet effet, se faisant l’interprète des cultivateurs de leurs communes respectives.

Considérant que les tirs exécutés actuellement font un préjudice considérable à l’agriculture en empêchant les travaux et particulièrement la moisson déjà difficiles par suite du mauvais temps et du manque de main d’œuvre,

 

Demande instamment :

 la suppression des tirs de jour au ballon*, de la moisson au 13 octobre,

2° à partir du 15 septembre la coïncidence des tirs au ballon avec ceux exécutés sur le champ de tir,

 la réduction des heures de tir qui seraient de 12 h 00 à 13 h 30,

 que les tirs de nuit ne commencent qu’à 21 h 00, en raison de la rentrée tardive des ouvriers agricoles et des voitures de livraison de toute nature sur Paris,

 la stricte observation des jours et des heures des tirs,

 l’établissement de l’emplacement et de la consigne des vedettes** d’une façon précise. Lesdits emplacements et consignes déposés dans chaque mairie de façon que le Maire ou les intéressés puissent signaler les abus aux autorités militaires,

 que la 1ère salve d’alarme de 2 coups de canon ne soit tirée qu’une demi-heure avant l’ouverture du feu et que les vedettes ne puissent faire évacuer le terrain qu’après cette première salve,

8° lorsque le changement d’heure légale sera établi, que les heures où commencent les tirs de jour seulement, soient avancées d’une heure, c’est-à-dire, de 11 heures à 12 heures et demie, au lieu de 12 heures à 13 heures et demie.

 

Copie de cette délibération sera adressée à M. le sous-préfet de Pontoise, à M. le Ministre de l’Agriculture, à M. le Commandant de l’artillerie de la zone nord à Montmorency, à M. le général Rouquerol commandant l’artillerie à Vincennes, à MM. Amiart et Leredu députés de l’arrondissement de Pontoise, et à M. Gaborit, député de l’arrondissement de Meaux ».

 

Fait et délibéré en séance les jours, mois  et an que dessus.

 

                                                   Suivent les signatures des conseillers présents.

 

Rihouheÿ, P. Bernier, G. Pelletier,

 

V. Tétard, Vaché, EV Lecailler.

 

 

* Au cours de la Première Guerre mondiale, l’artillerie utilise des ballons captifs, pour procéder au réglage des tirs.

** Les exercices de tirs d’artillerie nécessitent la surveillance, le réglage des tirs, la transmission des informations. Ces tâches sont exécutées par des militaires missionnés à cet effet et appelés « vedettes ».



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