Les écoles à feu du champ de tir de Tremblay-lès-Gonesse

Les écoles à feu du champ de tir de Tremblay-lès-Gonesse

Source : H. Revel, bulletin de la SEHT n° 38 année 2014.

 

La commémoration du centenaire de la Première Guerre a tourné tous les regards vers cette période douloureuse de notre histoire, comme en témoigne la progression des visites faites sur notre site et la richesse des forums qui débattent du sujet. Parmi les questions soulevées l’une d’elles concerne le camp du Tremblay, localisé par certains du côté de Verdun, dans la Meuse, voire le Loiret ou le Val-de-Marne par d’autres ou enfin dans l’ancienne Seine-et-Oise, à Tremblay-lès-Gonesse.

Plusieurs communes et lieux-dits portent le nom de  Tremblay, ce qui explique la multiplicité des localisations évoquées au sujet du camp du Tremblay. Mais pour ce qui concerne le champ de tir du Tremblay, on peut affirmer qu’il s’agit bien de Tremblay-lès-Gonesse, comme le notent plusieurs Journaux de Marche et des Opérations, notamment celui du 87e Régiment d’Artillerie Lourde    Tractée, avant son départ pour la bataille de la Somme.

S’il a peut-être existé plusieurs camps du Tremblay, il est certain qu’il n’y eut qu’un seul champ de tir du Tremblay celui de Tremblay-lès-Gonesse.

Journal de Marche et des Opérations du 87e RALT

A la date du 9 novembre le JMO du 87e régiment d'infanterie lourde mentionne "écoles à feu du groupe  au champ de tir du Tremblay-lès-Gonesse"

 

On sait qu’en septembre 1914 l’aviation du Camp retranché de Paris utilisait un champ de tir de bombardement pour appareils aériens, situé à l’ouest de Tremblay. La localisation exacte du champ de tir utilisé par les écoles à feu des artilleurs ne nous est pas connue, mais il était bien situé sur le territoire de Tremblay-lès-Gonesse, aujourd’hui Tremblay-en-France, probablement au nord-est du territoire communal, sur les terres actuellement incluses dans l’emprise de l’aéroport Charles-de-Gaulle (Cf. infra JMO du 87e RALT, journée du 9 novembre 1916).

JMO du 87e RALT, feuille de tête.

Le document précise que l'unité est équipée de canons Scneider

 

Canon 155 L Schneider
Musée des blindés, Saumur

 

L’existence de ce champ de tir valut le stationnement dans la commune de nombreux artilleurs montés, comme en témoignent de nombreuses cartes-photos prises dans le village, localisation attestée dans la partie correspondance.

Par ailleurs les délibérations du registre du Conseil municipal de Tremblay-lès-Gonesse attestent de la manière la plus claire la présence d’un champ de tir sur le territoire de la commune. Ainsi, le 3 juin 1915, le Conseil adopte-t-il la proposition faite par  le capitaine commandant la 47e batterie du 3e régiment d’artillerie d’installer « par les soins de l’artillerie un brûleur de gadoues et d’ordures ménagères ».

La présence du champ de tir engendre un certain nombre de nuisances à Tremblay-lès-Gonesse. La gêne occasionnée est ressentie par les habitants et par les communes voisines. En témoigne une réunion du Conseil municipal en date du 27 août 1917. 

Celle-ci s’est tenue en présence de MM. les Maires Beuzelin de Roissy-en-France, Boisseau de Chennevières-lès-Louvres, Buffault du Mesnil-Amelot, Boisseau de Mauregard, Le Coursonnois représentant M. le maire de Mitry-Mory 

« convoqués à cet effet se faisant l’interprète des cultivateurs de leurs communes respectives, considérant que les tirs exécutés actuellement portent un préjudice considérable à l’agriculture en empêchant les travaux et particulièrement la moisson, déjà difficiles par suite du mauvais temps et du manque de main-d’œuvre ».

Escouade d’artilleurs montés, devant le Château Bleu, à Tremblay, carte-photo datée du 30 mars 1915, collection SEHT La partie correspondance précise « je suis rentré du tir à Tremblay, où j’ai eu cette carte »
L’unité n’est pas précisée, mais la localisation de Vincennes laisse penser qu’il s’agit sans doute d’éléments du 87e RALT.

 

Carte de remerciements rédigée à Tremblay en juin 1915, par un artilleur de la 5ème batterie du 12ème régiment d’artillerie..CPA collection SEHT (partie correspondance)

Le recto de la carte est un cliché  de l’église Saint-Médard



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