Septembre 1914 l'armée allemande aux portes de Paris

Septembre 1914

La pointe nord-est du camp retranché de Paris sous la menace allemande

Source : H. Revel bulletin de la SEHT, n° 37, 2013.

 

Début août 1914, les villages voient partir pour la guerre les hommes en âge d’être mobilisés. Au début des hostilités, les combats se déroulent autour des zones frontalières du Nord et de l’Est. Mais peu à peu le bruit des armes se rapproche.

Début septembre 1914, les Allemands se ruent vers Paris. Le 2 au matin, les Uhlans atteignent les hauteurs situées au nord de Louvres. De là, ils aperçoivent la Tour Eiffel. Le jour même le gouvernement se replie sur Bordeaux. Les villages du nord-ouest du camp retranché de Paris sont évacués.

 

 

LA PRISE DE SENLIS

 

Le mercredi 2 septembre 1914, vers trois heures de l'après-midi, après avoir livré bataille dans la plaine de Chamant et pilonné la ville par des tirs d’artillerie, les Allemands font leur entrée dans Senlis.

La majeure partie des habitants a quitté la ville, le reste a vécu terré dans les caves. Lorsque cesse le bombardement, ils sortent des abris et voient entrer les troupes allemandes, de tous les côtés à la fois. Plusieurs Senlisois sont molestés. Rue de Villevert, deux paisibles ouvriers et un jeune homme de dix-neuf ans sont brutalisés et forcés à coups de crosses à marcher devant la troupe.

Sur la place de l'Hôtel de Ville, le maire, M. Eugène ODENT est interpellé. On l’invective et on lui reproche la fermeture des magasins. Alors que l’ennemie descend la rue de la République, l'artère principale de la ville, des coups de feu éclatent, un officier tombe. Embusqués çà et là et groupés surtout dans le bas de la ville, des soldats français sont restés sur place. Leur mission consiste à protéger la retraite d'un convoi de ravitaillement. La fureur des Allemands est  indescriptible.

Tout individu passant dans la rue, tandis que le combat entre soldats allemands et français se poursuit devant l'hôpital Saint-Joseph, est appréhendé. Une vingtaine de civils est raflée. Dans chacun d’eux, l'ennemi voit un « franc-tireur »

Au soir, la bataille continue devant l'hôpital. Pendant une ou deux heures, les «boucliers humains» doivent jouer là leur tragique rôle. Vers neuf heures du soir, la bataille est finie. Quelques balles s'échangent encore dans la ville en

flammes. Une grande partie des troupes ennemies s'est repliée sur Chamant. Là sera réglé le sort des otages.

Le premier groupe se compose de six hommes emmenés les premiers et enlevés çà et là dans la ville, pendant et après le combat. L’un est le plongeur de l'hôtel du Nord. Il y a aussi un tailleur de pierres, un manouvrier, un charretier et le chauffeur d'une scierie. Le plus âgé a près de soixante-dix ans, le plus jeune est à peine âge de dix-sept. Ils sont fusillés, enterrés en hâte sous une couche légère de terre. Leurs dépouilles ne seront découvertes que le 11 septembre.

Le deuxième groupe comprend M. Eugène ODENT, maire de Senlis. Il a pour compagnie un paveur, un domestique, un rentier, un employé, deux ouvriers, cueillis au hasard dans les rues. Accusé contre

toute évidence d’avoir fait tirer des civils, le maire est lâchement fusillé. Libérés après plusieurs heures de mortelles angoisses, ses compagnons, plus chanceux, regagnent Senlis le lendemain matin. Le troisième groupe d’otages, détenu un moment à Chamant, sera lui aussi finalement libéré.

 

 

Extrait du journal Le Miroir  n° 56 du dimanche 20 décembre 1914, Cliché SEHT

 

INTÉRIEUR DELA GARE DE SENLIS, APRÈS LE DÉPART DES ALLEMANDS.

CPA édition BOUILLON. Collection SEHT.

 

SENLIS, LE QUARTIER DE LA LICORNE APRÈS LE DÉPART DES ALLEMANDS

CPA édition BLD. 29.11.1914, date de la correspondance.Collection SEHT.

 



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