L’équipage qui a découvert le changement d’orientation de l’attaque allemande

L’équipage qui a découvert le changement d’orientation de  l’attaque allemande

Source : bulletin de la SET, n° 22, année 1998

 

Journal de Marche et des Opérations de l’aviation de la 6ème Armée, journée du 3 septembre 1914 - SHD 26N42, 

 

La page du 3 septembre du JMO de l'aviation de la 6e armée précise

" l'escadrillese transporte à Tremblay-lès-Gonesse

l'escadrille signale le changement del'attaque allemande qui fait face à l'Est "

 

  Le lieutenant PROT  

 


Emile, Louis, Charles, Henri PROT est né le 24 avril 1881 à Châlons, Marne. Ses parents Émile, Nicolas Prot et Berthe Zoé Herbin sont domiciliés 4, rue de Mâcon à Reims, lorsqu’il est recensé par l’autorité militaire. Cheveux et sourcils châtains, yeux bruns, menton rond, visage large, il mesure un mètre soixante sept et est titulaire du baccalauréat, ce qui situe son degré d’instruction générale dans la catégorie 5. Déclaré bon pour le service, classé dans la 1ère partie de la liste, il obtient un sursis en qualité d’étudiant.

 

Le 16 octobre 1902, il rejoint le 94e régiment d’infanterie. Arrivé au corps et soldat de 2e classe il reçoit le matricule 59207. Caporal le 27  août 1903, sergent le 22 septembre  1904, sergent fourrier le 1er  avril 1905, il contracte le 6  octobre 1905, devant le sous-intendant militaire de Bar-le-Duc, un premier engagement de 2 ans, à compter du 1er  novembre 1905. Rengagé pour un an le 30 mars 1907, à compter du 1er novembre 1907, il est admis comme élève officier à l’école militaire d’infanterie, par décret du 18 mars pour prendre rang le 1er avril 1908. Promu lieutenant le 24 avril 1911 au 149e régiment d’infanterie, il est ensuite muté au 144e régiment d’infanterie, le 10 octobre 1911. Il sera ensuite détaché au 2e groupe d’aviation le 20 octobre 1911. La suite de sa carrière le verra promu capitaine le 22 mars 1915, affecté au 1er régiment de bombardement le 26 juillet 1920. Il sera promu au grade de chef de bataillon dans l’arme aéronautique par décret en date du 26/09/1923 et terminera sa carrière comme lieutenant-colonel.

 

Cité à l’ordre de l’armée, n° 67 du 18 novembre 1914


« Excellent officier actif et dévoué. Pilote très expérimenté et confirmé par une longue pratique de l’aviation et par sa participation comme aviateur aux manœuvres de l’armée. A effectué au-dessus des lignes allemandes et sous leur feu, de nombreuses et très utiles reconnaissances représentant un total de plus de cinquante heures de vol et obtenu d’excellents résultats dans le     lancement des projectiles, notamment de l’obus d’artillerie de 155 mm. »

 

Ordre de la 45e division du 15/12/1915

« À la disposition d’un groupement du 26 avril au 1er octobre 1915, l’escadrille M-F 52, sous la direction du capitaine Prot, n’a cessé de faire preuve de la plus grande activité, quelles que soient la rigueur des intempéries ou la violence du feu de l’ennemi, en coopération d’un grand nombre de bombardements et de reconnaissances à longue portée, se vouant journellement à la mission souvent ingrate du réglage de tir et en fournissant au commandement, par l’appui de nombreuses photographies, des éléments précieux pour la reconnaissance d’un secteur très    couvert dans lequel faisaient totalement défaut les observations terrestres. »

 

Tableau spécial de la Légion d’Honneur du 15/10/1915

« Très adroit pilote, adroit et expérimenté. A donné depuis le début de la campagne de nombreuses preuves de son intelligence et de son énergie. (..)

 

 

  Le lieutenant HÜGEL  

 

Edmond, Laurent  HÜGEL est né le 2 avril 1883 à Pont-à-Mousson, Meurthe-et-Moselle. Ses parents Louis, Alfred Hügel et Gabrielle, Marie Huraux, sont domiciliés à Auch, Gers, lorsqu’il est recensé par l’autorité militaire.
Cheveux et sourcils châtains, yeux noisette, menton rond, visage ovale, il mesure un mètre soixante-douze. Il a suivi une bonne scolarité primaire sanctionnée par le degré   d’instruction n° 3. Engagé volontaire pour 4 ans, le 14      novembre 1901 à la mairie d’Auch, au titre du 9e régiment de Chasseurs, il arrive au corps le jour même. Cavalier de 2e classe, il est promu brigadier le 25 mai 1902, maréchal des logis, le 17 novembre de la même année. Rengagé pour un an le 26 novembre 1904, à compter du 14 novembre 1905. Rengagé pour un an le 26 octobre 1908, il est admis à suivre les cours des élèves officiers de l’école de cavalerie, du 8 octobre 1908 au 26 août 1909. Classé n° 85 sur 119 élèves, il est promu sous-lieutenant et affecté au 29e  régiment de Dragons, par décision ministérielle du 24    janvier 1911. Il sera ensuite promu lieutenant le 1er octobre 1911, puis capitaine à dater du 19 novembre 1916.

Cliché Service Historique de l’armée de l’air
 

Blessures
Le 6 août 1902, il est blessé en service commandé, atteint d’une plaie contuse et pénétrante au niveau du tiers moyen de la jambe droite, par suite d’un coup de pied de cheval. Le  23 juin 1910, à la suite d’une chute de cheval, il est victime de commotion cérébrale avec troubles psychiques qui se traduisent par une amnésie.

Citations 

Cité à l’ordre de la 5e division le 28 août 1914

« a accompli avec beaucoup de crânerie et de discernement une  reconnaissance périlleuse qui a fourni des renseignements très utiles. »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 5/11/1914.

« L’appareil qu’il montait ayant été atteint par plusieurs éclats d’obus dont l’un a gravement endommagé le stabilisateur, a continué sa reconnaissance malgré une violente canonnade  et n’est rentré atterrir  au point désigné qu’après avoir complètement rempli sa mission,… »

 

Cité à l’ordre de l’armée le 6/11/1914

«  a conduit le 22 août  avec crânerie et discernement  une reconnaissance et a ainsi fourni des renseignements très utiles à la date du 25 septembre, a effectué depuis le début de la campagne 40 heures de vol et a parcouru 2 600 km dont 1 500 km au-dessus des lignes ennemies. Montre comme observateur le même entrain dont il a fait preuve comme cavalier. »

 

Décorations

Chevalier de la Légion d’Honneur le 10/02/1915.

« A rendu comme observateur de remarquables services montrant au cours de ses reconnaissances au-dessus des lignes ennemies et sous leur feu toujours violent d’artillerie et d’infanterie les mêmes qualités brillantes, le même entrain, la même bravoure tranquille dont il avait fait preuve comme cavalier.  Donnait en toutes circonstances le plus bel exemple de sang-froid et d’audace ». 

 

 

Lieutenant observateur Edmond Hügel
mort pour la France, le 30 avril 1917
Cliché  extrait de la revue  L’Illustration du 26/03/1916

 



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