PLEUCHOT Jean

PLEUCHOT Jean, mort pour la France le 9 novembre 1914

Fils de Dominique Pleuchot et de Françoise Marceau domiciliés à Vandenesse, canton de Moulin-Engilbert, Nièvre, Jean Pleuchot est né au domicile de ses parents, le 22 juillet 1877. Il a des yeux marron, des cheveux blonds, qui descendent très bas sur le front. Il mesure un mètre soixante-neuf, possède une solide instruction primaire et est employé comme domestique, dans 1’Aisne, lorsqu’il est appelé à l’activité, le 25 novembre 1898, au 4ème    régiment de Zouaves. Il sert en Tunisie, du 25 novembre 1898 au 26 août 1900, puis en Chine du 26 août 1900 au 11 août 1901, dans la même unité. I1 est ensuite envoyé dans la disponibilité, muni de son certificat de bonne conduite.

 

Soutien de famille, il sera dispensé d’accomplir sa première période d’exercice. Il effectuera la seconde au 2ème régiment de Zouaves, du 19 août au 15 septembre 1907. Après son service militaire, il est employé dans l’Oise, dans le Nord, et revient dans la Nièvre entre ses engagements successifs, avant de trouver un engagement stable à Tremblay-lès-Gonesse, à la ferme Cousin, où il restera jusqu’à sa mobilisation.

 

Rappelé à l’activité en vertu du décret présidentiel de mobilisation générale du 1er août 1914, i1 est muté au 160ème régiment d’infanterie, le 9 octobre 1914. Il est tué à l’ennemi le 9 novembre 1914, à Saint-éloi, en Flandre, lors de la bataille de l’Yser.

 

Historique du 160e RI

L’Historique du 160e régiment d’infanterie relate dans le détail  la journée du 9 novembre, fatale à Jean Pleuchot.

 

« Le 2 novembre, embarquement en chemin de fer pour la Belgique. C'est pour tous une vive émotion que de fouler les derniers lambeaux de ce pays qui incarne le devoir dans sa plus haute acception. La traversée de Poperinghe est pour nous l'occasion d'un spectacle infiniment curieux et symbolique : la ville est une fourmilière de troupes de toutes nations, Anglais, Canadiens, écossais pittoresques,  Hindous et Goumiers, soldats d'Afrique ou d'Asie, tous résolus, impassibles et confiants. La terre entière s'est levée pour voler au secours du Droit outragé. Quelle puissance d'idéalisme et quel réconfort ! Puis, c'est l'émerveillement de tous devant cette riche contrée, ses villes toujours propres et coquettes, ses maisons de briques aux vieux pignons, ses fermes plantureuses et ses élégants châteaux aux ardoises bleues, dissimulés dans les nids de verdure, ses monuments, vieux titres de noblesse puissants et hautains. Impression de force et de prospérité paisible qui ne se dément pas malgré le flux incessant des hommes et des convois.

 

Le 160e cantonne tout d'abord à Boesinghe. Après avoir tenu la ligne, alors bien imprécise, aux environs du canal de l'Yser, il se porte dans la nuit du 6 au 7 à Vormezeele. L'ennemi a une forte artillerie et s'en sert activement ; nos bivouacs sont arrosés ; la marche sur Vormezeele est ponctuée par les coups de 210. En entrant dans le village, des hommes tombent, frappés par des balles parties d'on ne sait où. C'est que la situation est on ne peut plus confuse. On organise Vormezeele, puis deux bataillons s'établissent entre ce village et Saint-Eloy, prêt à s'engager.

 

 Le 9 novembre au matin, le régiment passe en première ligne dans la situation suivante : le bataillon Lebreton (1er) entre La Capellerie et la route de Saint-Eloy à Wyschaete ; le bataillon Nicloux (3e) face à la ferme Elkof ; le bataillon Monthéliard (2e) à Vormezeele. Dans l'après-midi, les chasseurs, à notre droite, commencent à céder du terrain. Le bataillon Monthéliard exécute une brillante contre-attaque qui ramène la ligne française à 500 mètres de la ferme Elkof. Nos hommes ont attaqué avec un entrain endiablé, sous le feu de nombreuses mitrailleuses. Les 8e et 10e compagnies sont presque anéanties ; la 7e vient combler les vides. Dans la nuit, le bombardement se poursuit avec une extrême violence ; jamais encore on n'avait subi un pareil tir d'anéantissement. Les Allemands attaquent à plusieurs reprises, mais en vain. »



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