MOREAU Raymond

 

MOREAU Raymond , mort pour la France le 25 septembre 1915

 

Fils de François MOREAU et d’Antonie, Julie DUBAR, Raymond MOREAU est né le 23 mars 1883 à Paris, dans le 13e arrondissement, selon 1a fiche matricule de recrutement militaire. Notons toutefois que 1’acte de décès, édité par le ministère de la Défense dans Mémoire des Hommes, situe sa naissance au 22 mars. I1 exerce la profession d’horticulteur, a des cheveux et sourcils châtains, des yeux noisette, un visage ovale et mesure un mètre soixante-et-un. Sa fiche matricule comporte une omission, elle ne mentionne pas son niveau d’instruction.

 

Incorpore au 8ème  régiment d’infanterie coloniale (8ème RIC), à compter du 26 janvier 1902, comme engagé volontaire pour 4 ans, i1 rejoint Meaux, arrive au corps le 28 janvier 1902, n° matricule 14854. Soldat de 2° classe, il sert pendant 4 ans, est envoyé dans 1a disponibilité le 25 juin 1906, certificat de bonne conduite accordé.

 

Rappelé à 1’activité par suite du décret présidentiel de mobilisation générale du 1er août 1914, i1 arrive au corps le 6 août 1914. I1 est tué à 1’ennemi le 25 septembre 1915. « Mort pour la France à Massiges », avis ministériel du 8 novembre 1915, n°21480V. Les résidences successives portées sur sa fiche matricule le situent à Crépy-en-Valois, à Massy, en Algérie, au Maroc puis à 1’école Fénelon, à Vaujours. Le Conseil municipal de Tremblay-Lès-Gonesse le recense dans la liste des tués de la commune, lors de la séance extraordinaire du 1er octobre 1917.

Son nom est inscrit au monument aux morts de Tremblay-en-France.

Historique du 23ème  Rrégiment d'infanterie coloniale - journée du 25/09/1915

 

Circonstances du décès de Roger MOREAU, d’après l’historique du 23ème  RIC - journée du 25/09/1915

Dans la nuit du 24 au 25 septembre 1915, le régiment prend ses emplacements d’attaque. Le 2ème bataillon (commandant MARTELLY) avec la section de mitrailleuses BRENUDAT, le 3ème bataillon (capitaine DAVID) avec la compagnie de mitrailleuses du capitaine RELET, occupent les parallèles de départ. Le 1er bataillon (commandant DORE) se rassemble à Virginy. L'attaque est déclenchée à 9H15. Le régiment a pour objectif la cote 191 de la Main de Massiges. Les bataillons d’assaut (2ème et 3ème), formés en quatre vagues, s’é1ancent sur les pentes sud de la position, dans un ordre parfait, comme pour une parade. La première vague n’a pas parcouru 50 mètres qu’elle se trouve prise sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, les autres vagues sont prises sous le feu de l’artillerie qui va en augmentant d'intensité.

Aucun arrêt n’est marqué, les compagnies vigoureusement entrainées par leurs officiers continuent la progression, malgré les pertes qui commencent à devenir très sérieuses.

Des mitrailleuses, de tous côtés sur le sommet de la position entrent en action, une casemate dans laquelle se trouvent un canon tirant à mitraille et plusieurs mitrailleuses se révèle. Tout ce qui progresse sur les terre-pleins est littéralement fauché; les éléments ayant déjà, dans le premier bond, franchi la crête, sont pris sur le versant nord, sous des feux violents partant d’un plateau situé au nord-ouest de la position. Les pertes sont extrêmement élevées; presque tous les officiers sont tombés, les unités sont complètement mélangées. La situation devient très critique ; l’ennemi contre-attaque; nos munitions sont presque épuisées, nos sections de mitrailleuses complètement anéanties. La casemate dont les pièces n‘ont pu être réduites au silence coupe notre liaison avec l’arrière.

Le lieutenant-colonel MONHOVEN est blessé au moment où il rallie plusieurs groupes pour faire face à la contre-attaque. Une série de combats acharnés, au corps à corps, sont livrés pour enrayer l’avance ennemie, après l’épuisement de nos munitions.

 

Les hommes, pleins d’entrain, s’ingénient, à rechercher toutes les réserves de grenades abandonnées par l’adversaire et ce sont celles-ci qui permettent d'arrêter sa progression.

 

Le 1er bataillon en réserve envoie deux compagnies en soutien qui ont à franchir un barrage très serré d’artillerie. Néanmoins, ces deux compagnies parviennent  jusqu’à la ligne de feu et avec les éléments des deux autres bataillons réussissent à rejeter encore deux contre-attaques. La nuit ayant permis l’organisation rapide du terrain conquis, le groupement des unités décimées, le ravitaillement en munitions et la mise en état de quelques mitrailleuses, le régiment, dont les hommes sont admirables d’énergie et d’entrain, repousse, dans la matinée du 26, deux très puissantes contre-attaques.

Les ruines de Masiges, attestent de la violence des combats livrés autour de la localité



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