EVRARD Marcel, Ferdinand

EVRARD Marcel, Ferdinand , mort pour la France, le 1er mai 1915

Marcel, Ferdinand est né le 3 novembre 1892 à Paris, de parents domiciliés à Tremblay-lès-Gonesse lors de son recensement. Lui-même est domicilié dans la commune où il exerce la profession de charretier. Le Conseil de révision du canton de Gonesse l’inscrit dans la 1ère partie de la liste, en 1913.

Ses cheveux sont noirs, ses yeux : marron foncé. Il a des lèvres : minces, une petite bouche un menton à fossette et mesure 1,66 m.

Incorporé à compter du 9 octobre 1913, il arrive au corps le 10 octobre. Soldat de 1ère classe le 11 octobre 1913. Il monte au  front en  août 1914 est  blessé une première fois le  3 octobre 1914 à Lacroix sur Meuse. Revenu aux armées le 5 décembre 1914 au 150e RI, il est à nouveau blessé le 29 janvier 1915 au bois de la Gruerie. Il est reconnu soutien de famille le 2 septembre, mais reste mobilisé en 1ère ligne. Rentré au dépôt  le 23 février 1915, il revient en  renfort le  13 mars 1915.Il est porté disparu le 1er mai 1915 au Bois de la Gruerie.

Deux autres Tremblaysiens appartenant à cette unité ont déjà été tués :

  • Louis, Numance, Marie DUCROCQ, le 5 février 1915,
  • Edouard EVRARD, le 7 février 1915.

Extrait du Journal de Marche et des Opérations du 150e RI :

1er  mai

«  17 h 30 la relève est à peine terminée, que les allemands font sauter le blockhaus 3 et lancent des liquides enflammés sur le poste d’écoute du 272e. C’est le signal d’une attaque ennemie qui se déclanche soudainement sur tout le front des 10e, 9e, 12 e compagnies avec une violence extrême. Au même moment l’artillerie fait sur les lignes 4 et 1Nbis un barrage d’une intensité inouïe. Le secteur a peu de munitions (600pétards seulement à la réserve) ; à Beaumanoir il n’y en a pas davantage. Un moment surprises, les Cies se ressaisissent et tiennent bon jusqu’à 18 h 15 ; mais à ce moment les munitions commencent à manquer.

Les allemands débouchent alors en masse sur la 9e compagnie par le blockhaus 2, la ligne 1bis, le barrage de droite de Bagatelle et le blockhaus H. Malgré cela elle ne lâche pas ; les hommes debout sur le parapet abattent les allemands à coups de fusils et de baïonnette. Le capitaine Juge, debout sur le parapet, révolver dans la main droite et grenade dans la main gauche les excite « mes enfants, courage, tenez, tirez toujours ». Ils tiennent jusqu’au dernier et à 19h30 dans la ligne 3, il ne reste de cette compagnie que 1 officier  et 23 soldats qui se sont repliés sur le découvert entre les lignes 2 et 3, tous les autres officiers sont hors de combat. Mais les allemands sont contenus sur ce front par la 10e compagnie et la 11e compagnie qui les contre-attaquent vivement à la baïonnette.

Ils essaient de déboucher du blockhaus 3 et y parviennent quand la 10e Cie n’a plus de pétards. Cette Cie, sans munition, ne cède le terrain que pied à pied faisant 19 barrages pour reculer de 100 m dans Bagatelle, et en défendant chaque barrage par des contre-attaques menées par les parapets. Les allemands épuisés de ce côté, cessent leurs attaques à 20 heures, sans savoir pu atteindre la ligne 2.

Du côté de la 122 à 17 h  30, l’attaque avait commencé par l’irruption des allemands dans le poste d’écoute du 272e et leur débouché de l’entonnoir de la ligne 1bis, ainsi que par le forcement du barrage de gauche de Bagatelle. Jusqu’à  18 h 30 ils ne peuvent progresser, toutes leurs attaques sont contenues. Mais à ce moment les pétards commencent à manquer et les allemands débouchent en masse du blockhaus H, marchant sur la ligne 3.

La 12e compagnie menacée d’un enveloppement se reconstitue dans la ligne 2bis, où, sur 2 rangs (1 rang à genoux sur le parapet, 1 rang parles créneaux) elle arrête par son feu l'ennemi qui subit de grosses pertes, et fait demi-tour cherchant à gagner le blockhaus et en emportant ses blessés.

A 19 h les allemands reprennent l’attaque par la ligne 2ter et parviennent jusque dans la ligne 2bis où ils renversent le canon de 37 ne pouvant l’emporter.

A 20 h la 1ère compagnie recevant quelques pétards du 272e contre-attaque vigoureusement avec la section Germain par 2ter sur le blockhaus H. Elle reprend 2bis avec le canon de 37 et parvient à 15 m du blockhaus où elle est arrêtée par une mitrailleuse. Dans cette contre-attaque elle s’empare de plusieurs sacs de pétard allemands qui lui permettent de tenir la nuit conte un retour offensif de l’ennemi sur le barrage où quelques allemands isolés ont pu franchir la ligne 3 pour venir se faire tuer entre les lignes 3 et 4. Une mitrailleuse allemande amenée par le boyau b est abandonnée par eux près de la ligne 3.

En somme à 2 heures le calme était rétabli sur tout le front  et les allemands n’avaient pu entamer les lignes 3 et 2bis ; ils n’étaient maîtres que de la ligne 2. »

Pertes : {officiers : tués 1 (sous-lieutenant Bouhier) blessés : 8, Disparu : 1

              {Sous-officiers : tués 6, blessés : 35, Disparu : 1

              {Troupes : tués 37, blessés : 361, Disparus : 145



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