DUQUENNE Paul, Ismar

DUQUENNE PAUL, ISMAR, MORT POUR LA FRANCE LE 8 NOVEMBRE 1914

Duquenne Paul, Ismar, mort pour la France le 8 novembre 1914

Fils de Rémi Duquenne et de Céline Delaporte, domiciliés à Grandcourt canton d’Albert, département de la Somme, Paul, Ismar Duquenne est né le 17 novembre 1876. Cheveux et sourcils châtains, yeux gris, nez droit, visage ovale, il mesure un mètre soixante-et-onze. Recensé comme journalier, il appartient à la catégorie des travailleurs agricoles sans qualification. Aîné de 9 enfants, il est dans un premier temps dispensé de service militaire par le conseil de révision du canton d’Albert, au titre de l’article 21.

 

Sa situation économique précaire le contraint à quelques incartades et il est plusieurs fois condamné, par exemple le 9 février 1897 par le tribunal d’Arras à 50 Francs d’amende pour délit de chasse.

 

Le 30 novembre 1897, il est appelé à rejoindre le 4e  bataillon d’infanterie légère d’Afrique. Arrivé au corps le 8 décembre 1897, il est immatriculé chasseur de 2e classe, sous le n° 6561 et fait campagne en Tunisie, du 2 décembre 1897 au 26 octobre 1898. Il part en congé le 20 octobre 1898, certificat de bonne conduite accordé.

 

Dans la réserve, il effectue deux périodes d’exercice au 120e  régiment d’infanterie, du 10 septembre au 7 octobre 1903, puis au 51e  régiment d’infanterie, du 8 avril au 4 mai 1907. Affecté ensuite au 11e  régiment territorial d’infanterie, il accomplit une période d’exercice du 14 au 22 mai 1903.

 

Rappelé à l’activité par suite du décret présidentiel de mobilisation générale, ll est tué à l’ennemi, en Belgique, à Nieuport, le 8 novembre 1914, au cours de la bataille de l’Yser qui oppose les troupes belges et  françaises aux unités allemandes qui voulaient franchir le fleuve, en direction de Dunkerque.

JMO du 11e régiment d’infanterie territoriale

Le journal de marche et des opérations du 11e régiment d’infanterie territoriale relate l’attaque dans laquelle Paul Duquenne a été tué : « D’après les ordres du général commandant la 161e Brigade : Le lieutenant-colonel portera son régiment sur la rive droite de l’Yser, dans les tranchées installant d’autres tranchées devant les passages créés sur 1’Yser et essayant d’occuper les premières maisons de Lombartzyde. Le lieutenant-colonel du 11e régiment aura le commandement du secteur compris entre l’Yser jusqu’à la route de Lombartzyde incluse.

 

À 6 h30, le régiment a l’ordre de poursuive son mouvement en avant(..)

9 h, le 2e bataillon (commandant Constant) s’infiltre par les ponts le long du canal de l’Yser, pour gagner jusqu’à la mer, et attaquer le village de Lombartzyde par l’Ouest pendant que la 10e compagnie doit attaquer par le Sud. Les 11e, 12e et 9e compagnies, fixant l’ennemi face à la ferme Bamburg doivent être abandonnées. L’artillerie française doit préparer l’attaque. Le commandant Constant rend compte qu’il n’existe pas de pont en aval de Nieuport. Seul, un va-et-vient existe près de l’embouchure. »

 

À 16 h, le bataillon arrive aux premières maisons de Lombartzyde et pénètre dans ce village à la tombée de la nuit. Il encercle le village et est soudainement attaqué de tous côtés par l’ennemi qui dirige une fusillade intense. Ce bataillon est obligé de se replier). Le 1er  bataillon (capitaine Poozier) qui avait suivi le mouvement du bataillon Constant se replie également. Le 3e bataillon, capitaine Rostaing qui est établi dans des tranchées à Lombartzyde est attaqué violemment par des feux de mousqueterie venant du village et des bois situés à l’est de Lombartzyde. Ce bataillon avait essayé de progresser et de s’installer dans des tranchées évacuées par les Allemands. Ces tranchées prises en enfilade par des feux venant de la direction de la ferme Bamburg doivent être abandonnées. Le 3e bataillon (capitaine Rostaing) reprend ses positions dans ses tranchées primitives, situées à 200 ou 300 mètres en arrière de celles des Allemands. Un peloton de la 3e compagnie du Génie (capitaine Beau) est placé pour garder l’entrée des ponts, rive droite ; l’autre  peloton barre le petit pont de pierre. La 2e compagnie (lieutenant Bette) renforce la ligne de la 12e compagnie (capitaine Gettenay). Paul Duquenne est le 2e nom mentionné dans la liste des tués.     

    



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