BOUVET Marcel, Louis

Né le 14 septembre 1894 à Beaufai-sur-Rille, canton de Laigle, département de l’Orne, Marcel, Louis Bouvet réside à Tremblay-Lès-Gonesse lorsqu’il est recensé par l’autorité militaire. Fils d’Armand Bouvet et de Gilberte Marie domiciliés à Tremblay-lès-Gonesse, il exerce la profession de boulanger. Il a des cheveux noirs, des yeux châtains avec des nuances de vert.  Front moyen, nez petit, lèvres minces, menton saillant, il accuse 1 mètre 72 sous la toise, une assez belle taille pour l’époque. Il a suivi une scolarité moyenne et on ne lui reconnait que le niveau 2 comme degré d’instruction.

 

Inscrit sous le n° 22 du canton de Gonesse, il est classé dans la 1ère catégorie de la liste en 1914, par le Conseil de révision. Incorporé à partir du 2 septembre 1914, il arrive au corps le jour-même. Soldat de 2e classe, il passe au 1er régiment d’infanterie le 18 mars 1916. Il est porté disparu à Craonne le 17 avril 1917 (avis officiel du 27 juillet 1917, puis déclaré décédé le 17 avril 1917 par jugement du tribunal de Pontoise du 11 octobre 1921. Le nom de Craonne a été rendu tristement célèbre par la chanson éponyme entonnée par les soldats qui se sont mutilés après l’offensive meurtrière du général Nivelle.

Journal de marche et des opérations du 1er régiment d’infanterie

Le 17 avril 1917, le 1er RI subit 158 pertes. Marcel Louis Bouvet est au nombre des victimes de cette terrible journée, sur le plateau de Craonne, typique des résultats consternants de l’offensive Nivelle.

Mal conçue, mal préparée, celle-ci provoqua les mutineries de 1917, impitoyablement réprimées par la hiérarchie militaire.

La chanson de Craonne popularisera la réaction des mutins. Nous donnons ci-dessous le refrain de cette célèbre chanson qui comprend deux couplets et deux refrains qui reflètent les sentiments de soldats conscients d’être envoyés au massacre

 

Chanson de Craonne,

(chanson anonyme, sur l’air de bonsoir m’amour, paroles recueillies par Paul Vaillant-Couturier)

 

1er couplet

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,

 

1er refrain

Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

 



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