MICHEL dit BARDOT Michel

MICHEL dit Michel BARDOT , mort pour la France la 12 septembre 1916

 

Pupille de l’Assistance publique, Michel Bardot est né le 18 novembre 1895 à Paris VIIe (Seine), Sa mère l’a confié à l’administration de l’Assistance publique, déclarant « qu’elle ne veut pas que ses parents et sa famille connaissent la naissance de cet enfant ».

Dénommé Michel, sans autre nom, il est élevé par la famille Bardot, avec leurs trois filles. Originaires de la Nièvre, ils s’établissent à Tremblay vers 1914. Il est une première fois ajourné par le Conseil de révision de Decize, Nièvre en 1914, inscrit and la 5ème partie de la liste, pour cause de faiblesse. Il mesure un mètre soixante-huit, a des cheveux châtains, des yeux bleus, un village allongé. Il a suivi une bonne scolarité à l’école publique, reconnue par un niveau 3. Il exerce la profession de domestique agricole. Reconnu apte au service armé, il est est recruté, avec la classe 1915 par le bureau de Nevers (Nièvre) et affecté au sein du 7e Bataillon du Génie comme sapeur mineur.

Il est tué à l’ennemi le 12 septembre 1916 au sud-est du lieu-dit La Ferme de l’Hôpital, à Bouchavesnes-Bergen (Somme) à l’âge de 20 ans.


Eugénie Bardot, mère nourricière de Michel, écrit en 1918 au directeur de l’Assistance publique pour recevoir en souvenir de celui qu'elle a élevé le diplôme attestant qu'il mort pour la France.

Il est inhumé à la nécropole nationale de Rancourt à Bouchavesnes-Bergen (Somme) et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Tremblay.

 

La fiche matricule  de ce soldat, précise qu’il n’a pas de prénom, reflet des préjugés de la société de son temps. Mais le Conseil municipal de Tremblay-lès-Gonesse lui reconnaît une identité complète, lorsqu’il recense les soldats de la commune morts pour la France, dans sa séance du 2 octobre 1917. Il décline son identité en lui attribuant le patronyme de ses parents nourriciers.

 

Michel Bardot a été tué au cours de la bataille de la Somme.  Pour retracer les circonstances de son décès nous citerons le récit de la prise de Combles, donnée par le Chtimiste. *

 

« Combles, gros bourg abrité au milieu d'un cercle de collines, était le centre de la résistance allemande au nord de la Somme. La localité communique avec la route de Péronne à Bapaume par un chemin facile.

D'autres voies rayonnent sur Morval, Ginchy, Guillemont, Hardécourt, Maurepas, Le Forest et Rancourt. Combles, par cette situation particulière, était donc un point stratégique important.

Les Allemands l'avaient puissamment fortifié, pourvu de souterrains profonds, (de ces « stollen » que nous vîmes pour la première fois dans la Somme et que nous devions retrouver, en 1917, entre Craonne et  Berry-au-Bac) abris à toute épreuve, où des compagnies entières, des régiments pouvaient s'installer et vivre en toute sécurité. Combles était, outre un point de résistance particulièrement armé, un vaste dépôt de munitions, de matériel et de vivres.

C'est assez dire l'intérêt qu'avaient les Allemands à le conserver, c'est souligner l'importance que sa conquête offrait pour nous.

Notre avance des 12 et 15 septembre avait porté Combles en première ligne, puisque, dès lors, nos troupes bordaient le bois Louage, la route qui va de Combles à la route Béthune-Château-Thierry, le chemin Combles-ferme de l'Hôpital-Cléry et le chemin  Maurepas-Frégicourt.

Cependant, en raison de sa situation défilée au milieu de collines, Combles, quoique en première ligne, demeurait un point d'appui formidable où les Allemands comptaient bien que nos vagues d'assaut se briseraient. Par surcroît, ce point d'appui se trouvait situé exactement à la soudure des troupes britanniques avec les troupes françaises.

Aussi fallut-il une manœuvre combinée et précise pour assurer le succès qui fut total et rapide.

Quand, partant de Cléry, on arrive a la ferme Le Priez, on aperçoit devant soi, barrant l'horizon, à gauche, la hauteur de Morval ; en face, celle de Sailly-Saillisel ; à droite, la masse sombre du bois de Saint  Pierre Waast, et au loin, plus à droite, la crête qui aboutit au Mont-Saint Quentin, devant Péronne.

Ce que la carte ne saurait rendre, c'est le spectacle qu'offrait aux acteurs du drame, ce cirque encaissé au milieu de collines. Le champ de bataille n'avait pas été nettoyé depuis les premières offensives. Les tranchées conquises étaient pleines de charognes ; des cadavres de chevaux gisaient un peu partout dans les ravins ou à flancs de coteaux. Des tas d'obus à demi écroulés, des canons culbutés, un amas de débris de ferrailles, de cuirs, des rouleaux de « barbelés », des rondins, des voliges, des lambeaux d'uniformes, pêle-mêle, pourrissaient parmi les cratères des obus, dans une eau souillée, jaune, puante.

Le ravin qui, de Curlu, va au pied de Maurepas, n'a-t-il point été baptisé « ravin de la Pestilence » ? Ce terme dit tout.»

 

* Prise de Combles - http://chtimiste.com

 

Les ruines du village de Combles attestent la violence des combats dans lesquels MICHEL, dit LMichel BARDOT, a été tué, le 12 septembre 1916



Réagir


CAPTCHA