BARBIEUX Théophile, Joseph

BARBIEUX Théophile, Joseph , mort pour la France le 26 avril 1915

Né le 17 mars  1894 à Mitry-Mory, Théophile, Joseph  Barbieux a des cheveux châtains, des yeux où le vert le dispute au marron. Il mesure un mètre soixante-quatorze, une assez belle taille pour son époque. Il travaille comme manœuvre dans les chemins de fer. Il sait lire et écrire

Le conseil de révision de Gonesse  le classe une première fois dans la 5e partie de la liste en 1914, pour cause de « faiblesse ». À la séance suivante, il est déclaré « bon pour le service », en son absence.

Incorporé à compter du 15 janvier 1914, il arrive au corps le 15 janvier 1915. Soldat de 2e classe  il rejoint le 91e RI avec lequel il monte au front. Il est porté disparu le 26 avril 1915 aux Éparges, village qui  a été l'objet d'importantes batailles en 1914 et 1915. dont Maurice Genevoix s’est fait l’écho.

 

Journal de Marche du 91e RI

 

26 avril 1915

Groupement des 1er et 3e bataillons

Le 1er Bataillon arrive aux Éparges à 1 h et est mis à disposition du colonel commandant le 72e  commandant du sous-secteur. Il reçoit l’ordre de reprendre les éléments de tranchées perdus par ce régiment, de s’y installer avec 3 compagnies, se reliant à droite au 128e, à gauche aux fractions du 72e tenant encore la position.

La 4e Compagnie, (capitaine Cahierre) attaque, fait des prisonniers, prend une tranchée ; malheureusement un tir trop court exécuté par notre artillerie arrête le mouvement de cette compagnie, blessant le capitaine  et mettant 50 hommes hors de combat.

La 2e Compagnie (lieutenant Mahé de Berdouaré) reçoit ordre de continuer l’attaque. Reçue par un feu violent d’infanterie et d’artillerie, elle ne peut progresser malgré ses efforts. À la nuit, elle reprend le mouvement, fait 6 prisonniers, tue sur place les Allemands restés dans la tranchée, qu’elle réussit à reprendre en entier et rétablit la liaison avec le 72e. À la nuit les 1ère, 2e, 4e compagnies occupent les tranchées de 1èreligne, la 3e en réserve.

Le 3e bataillon à son arrivée aux Éparges est d’abord placé en réserve  derrière la gauche du 72e  (troupe E des Éparges). À 2 h la 10e compagnie reçoit l’ordre de renforcer le 72e  et de s’établir à la crête des Éparges, face à Combres. Cette Compagnie subit un feu violent de l’artillerie allemande. À 4 h une ½ compagnie de la 9e(sous-lieutenant Latapie) reçoit l’ordre d’attaquer et de reprendre une tranchée perdue, cette opération réussit, la position est aussitôt organisée définitivement par un groupement formé de la 10e du 91e  - ½ 9e du 91e – 6e du 72e sous les ordres du sous-lieutenant Latapie. Le sous-lieutenant Semblat et l’adjudant chef  Jeangeot viennent d’être mis hors de combat.

À 11 h, ordre est donné au reste du 3e Bataillon (1/2 9e  – 11e – 12e) de  reprendre une tranchée perdue par le 72e. À 15 h 30 les Compagnies sont lacées 9e – 11e  en 1ereligne, 12e renfort. À 9 h l’attaque se déclanche, soumise aussitôt à un bombardement intense d’artillerie allemande. Les sections progressent lentement avec de grosses pertes et réussissent à s’organiser définitivement à 60 m des tranchées allemandes après avoir regagné environ 100 m de terrain. Pendant la nuit les pionniers du 72e  établissent une tranchée sur l’emplacement  occupé.

Dans l’attaque ont été tués le capitaine de Gaunes sous-lieutenant Trimoulet, les sous-lieutenants Joubert, Decoud sont blessés, le capitaine Lorillard disparu, 180 s/off et soldats hors de combat.

 

2e Bataillon Le 2e Bataillon, en cantonnement d’alerte à Mont s/les Côtes reçoit à 5 h l’ordre de se porter au carrefour tranchée de Calonne. Route Moully-les-Éparges, à la disposition du commandant du secteur. À son arrivée à 8 h, la situation est la suivante : La 1ère ligne a té forcée, à l’O de la tranchée de Calonne des éléments désorganisés tiennent la croupe 372, les abords de Mouilly, 3 Compagnies du 28e occupent les ouvrages de 2e ligne de la tranchée de Calonne (chemin des Éparges-carrefour). À l’E de la tranchée de Calonne des fractions du 126e et 25e BCP, devant nous au S l’ennemi à petite distance du Bois Haut.

Le 2e Bataillon reçoit l’ordre d’attaquer pour 10 h, face au sud, parallèlement à la tranchée de Calonne. Il prend ses dispositions pour l’attaque en avant des réseaux de fil de fer qui précèdent la tranchée de 2e ligne occupée par le 128 (5e – 6e derrière à droite, 7e – 8e derrière à gauche). Le sous-lieutenant Pailliette reconnaît les bois en avant des tranchées, en exécutant cette reconnaissance, il repousse des patrouilles allemandes et est tué en attaquant avec sa section une forte colonne ennemie se dirigeant vers le carrefour. La 7e à gauche commence son débouché vers 11 h 30, au-delà des fils de fer, précédant les tranchées.  Pendant ce mouvement des groupes du 126 en désordre refluent  sur elle, arrêtant son mouvement. La 7e est assaillie par des colonnes par 4 allemandes débouchant des bois à moins de 30 m qui viennent se heurter aux réseaux de fil de fer. L’attaque allemande est repoussée par un feu violent de la 7e que 2 sections de 8e et une de la 5e viennent immédiatement renforcer à droite. L’ennemi bat en retraite en désordre, laissant sur place plus de 300 cadavres, des blessés et une vingtaine de prisonniers. Les 7e et 8e commencent une poursuite qu’une contre-attaque de flanc des 5e et 6e doit appuyer. Ce mouvement est suspendu, le Bataillon devant prendre part à une attaque générale finie à 16 h.

 

Le lieutenant Colonel Berrard, prend le commandement du secteur.

Conformément à l’ordre général d’opération du général commandant la 3e DI, l’attaque de 16 h doit être faite par le 2e Bataillon du 91e, en liaison à gauche avec  2 Bataillon du 126 et 2 Compagnies du 25e BCP, le Bataillon du 91e suivant la tranchée de Calonne face au S. 1er objectif : lisière S du Bois Haut, puis cote 310, la 12e DI venant de Mouilly doit à la même heure attaquer à l’O de la tranchée de Calonne. Les 2 attaques doivent s’appuyer.

La progression de l’attaque ordonnée au 2e Bataillon avait eu pour effet de laisser en l’air 3 secteurs de la 5e, qui ayant franchi les fils de fer doivent se reporter de l’autre côté du réseau sous le feu de l’ennemi et perdre beaucoup de monde dans l’exécution de ce mouvement.

À 16 h, les Compagnies du 2e Bataillon sont de nouveau disposées pour l’attaque de l’autre côté du réseau de fil de fer (mouvement préparatoire exécuté avec quelques pertes – le réseau de fil de fer étant battu par les mitrailleuses allemandes). La 5e se porte en avant à 16 h, soutenue à courte distance par la 6e, elle gagne rapidement 4 à 500 m de terrain, refoulant devant elle d’abord quelques postes ennemis, puis une contre-attaque forte de plusieurs Compagnies. À droite de la tranchée de Calonne aucun élément de la 12e division d’infanterie n’est en vue. À gauche, la 7e, dès son débouché, a rencontré des groupes allemands assez forts, ne progresse que très lentement. Enfin plus à gauche le 2e Bataillon du 126e et le 25e BCP n’avancent pas. Les 5e et 6esuspendent leur marche en avant sur l’ordre du chef de Bataillon et s’organisent sur place. La 8e Compagnie envoie une fraction entre 5e et 7e pour établir une liaison. À la nuit tous les éléments du 2e Bataillon se cramponnent au terrain et tendent en avant des réseaux de fil de fer.

 

Pertes :

1 officier (sous-lieutenant Paillette) 40 tués. 120 blessés. 45 disparus.

Capitaine Pineau blessé.

 

 

Théophile, Joseph  Barbieux est mort pour la France, aux Eparges, le 26 avril 1915

 
 


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